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Affaire Maheshe en RDC: le droit bafoué, crainte de peines injustes, selon des ONG
Photo non datée de Serge Maheshe, assassiné le 13 juin 2007 dans l'est de la RDC (© AFP/Radio Okapi/Monuc/Archives)
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KINSHASA (AFP) - Des ONG de défense des droits de l'homme ont dénoncé mardi des "violations des normes internationales" au cours du procès en appel des meurtriers présumés du journaliste congolais Serge Maheshe, craignant de voir confirmées les peines de mort prononcées en première instance.
Dans un communiqué conjoint publié à la veille du verdict, Human Rights Watch (HRW), Amnesty international, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture et une coalition de 18 ONG de République démocratique du Congo (RDC) se sont dites "très préoccupées" de voir se "répéter les erreurs flagrantes" du premier procès.

"Le procès (en appel) a été caractérisé par des intimidations, des injustices et l'incapacité d'établir la vérité sur les faits qui se sont produits", a soutenu Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HRW citée dans le texte.


Journaliste de la radio Okapi (parrainée par l'ONU), Serge Maheshe, 31 ans, a été abattu le 13 juin 2007 par deux inconnus devant son domicile de Bukavu (est de RDC), sous les yeux de deux de ses amis.

En première instance, le 28 août 2007, le tribunal militaire de Bukavu avait condamné à la peine capitale quatre civils: deux tueurs présumés et les deux amis de la victime, désignés comme les commanditaires du crime par les deux premiers qui avaient avoué.

Mais en septembre, les tueurs présumés s'étaient rétractés et avaient innocenté les deux amis du journaliste, affirmant avoir avoué sous la pression de magistrats militaires.

Le 12 mai, le ministère public a demandé l'aquittement des deux témoins, mais la confirmation de la peine capitale à l'encontre des deux tueurs présumés, dans un réquisitoire qui a surpris l'assistance à l'issue d'un procès mené constamment à charge, selon des observateurs, dont plusieurs ont reçu des menaces de mort anonymes.

Les ONG déplorent notamment que l'accusation repose uniquement sur des aveux sans qu'aucune autre piste n'ait été examinée et que la cour ait refusé l'aide de l'ONU pour une expertise balistique de l'arme du crime.

Elles préviennent que "l'injustice flagrante de ces procédures est un tort considérable infligé aux accusés et au système judiciaire congolais".

Publié le: 20/05/2008 à 16:18:12 GMT Source : AFP
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