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Une affaire d'espionnage annonce une tension entre Pérou et Chili
Le président péruvien Alan Garcia et son homologue chilienne Michelle Bachelet à Singapour le 14 novembre 2009 (© AFP - Saeed Khan)
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LIMA (AFP) - Une affaire d'espionnage militaire menace d'un grave coup de froid les relations entre le Pérou et le Chili, deux voisins des Andes habituellement bons partenaires, après l'inculpation de deux militaires péruviens et la probable demande d'extradition de deux Chiliens.
Une rencontre qui était prévue dimanche à Singapour entre le président péruvien Alan Garcia et son homologue chilienne Michelle Bachelet, en marge du forum économique Asie-Pacifique (Apec), a été annulée, et Garcia a anticipé son retour au Pérou à lundi.

"J'avance mon retour de 24 heures pour avoir une information complète (sur l'affaire), et pouvoir m'exprimer du Pérou", a-t-il déclaré à la presse à Singapour.


Le chef de la diplomatie péruvienne Jose Antonio Garcia Belaunde, depuis Singapour aussi, a dénoncé un acte "inamical" et "offensif" du Chili, et indiqué que l'ambassadeur à Santiago serait rappelé pour consultations.

Il a dit espérer "une enquête au Chili sur les donneurs d'ordre et une sanction des responsables", et assuré que Lima "fera sentir clairement sa protestation".

Mais il a écarté une rupture des relations diplomatiques.

"Le Chili ne pratique pas l'espionnage", a répondu son homologue chilien Mariano Fernandez Amunategui, également présent au sommet de l'Apec.

"Nous écartons toute participation du gouvernement chilien dans des activités à caractère illégal concernant la relation entre les deux pays", a-t-il ajouté.

La crise pourrait s'envenimer autour du sort de deux militaires chiliens contre lesquels un juge de la Haute Cour de Lima a émis vendredi des mandats d'arrêt, dans l'attente de vérifier leurs identités. Ils seraient les commanditaires présumés de deux "espions" péruviens inculpés vendredi.

Le juge a ainsi ordonné la détention de Victor Ariza Mendoza, un technicien du renseignement électronique de 45 ans, arrêté ces derniers jours pour espionnage, divulgation de secrets nationaux et blanchiment d'argent pour le compte du Chili depuis septembre 2005.

Ariza, qui a reconnu les faits, aurait perçu en moyenne 3.000 dollars par mois pour ses renseignements, selon le magistrat.

L'identité de l'autre militaire péruvien n'a pas été révélée, ni son sort actuel.

Selon la presse, Ariza aurait été recruté par les Chiliens lors de missions à Santiago en 2002, et piégé par son contre-espionnage après l'alerte donnée par un collègue.

L'affaire, révélée jeudi par la radio RPP mais confirmée 24 heures plus tard par Lima, a fait vendredi la une des journaux, avec la photo d'Ariza sous des titres de "Traître !"


Elle survient entre deux voisins-rivaux des Andes aux relations complexes.

Pérou et Chili sont d'étroits partenaires économiques et commerciaux. Sur le plan politique, Alan Garcia (centre-droit) a qualifié récemment Michelle Bachelet (centre-gauche) de "grande amie".

Mais ces relations sont sujettes à de vifs accès de tension -une crise diplomatique fut frôlée en 2008- surtout sur les thèmes de défense et de territoire: il s'agit en partie du legs d'une guerre (1879-83) gagnée par le Chili qui annexa un pan de son voisin du Nord. Une blessure encore sensible au Pérou.

Lima a porté cette année devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye un différend maritime, pour un problème de souveraineté sur 60.000 km2 d'Ocean Pacifique contestés.

Le Pérou dénonce également une tendance chilienne au "surarmement", voire au "bellicisme", comme ces derniers jours encore à propos de la volonté de Santiago d'acheter des missiles et radars américains.

Publié le: 14/11/2009 à 14:51:48 GMT Source : AFP
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