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L'accompagnement, point faible de la scolarisation des enfants handicapés
Un jeune garçon handicapé dans la cantine d'une école, le 2 décembre 2005 à Laval (© AFP/Archives - Fred Dufour)
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PARIS (AFP) - La scolarisation des enfants handicapés progresse mais laisse insatisfaits nombre de parents, tandis que la grogne monte chez les personnels accompagnant les enfants, les AVS (auxiliaires de vie scolaire), qui réclament un statut pérenne et une meilleure formation.
Quelques heures par semaine ou à temps complet, en classe ordinaire ou d'intégration (CLIS dans le primaire et UPI dans le second degré), de plus en plus d'enfants handicapés apprennent et jouent aux côtés d'enfants valides.

De 89.000 en 2002-2003, leur nombre est passé à plus de 162.000 en 2007-2008, et pour cette rentrée, le système éducatif en accueillera 10.000 de plus.


Mais l'application "à grande échelle" de la loi de 2005, qui contraint l'Education nationale à accueillir les enfants handicapés selon leurs besoins, "pose problème: il n'y a pas mauvaise volonté mais manque de moyens", estime Joël Devoulon, secrétaire national du SGEN-CFDT.

"S'il faut intégrer des situations complexes de handicap, on ne sait pas faire, il y a un vrai déficit de formation", dit-il notamment.

Le nombre d'auxiliaires de vie scolaire (AVS), qui accompagnent cette année plus de 35.000 élèves lourdement handicapés, a augmenté, mais insuffisamment, selon les associations de parents.

2.000 nouveaux contrats (en équivalent temps plein) sont prévus cette rentrée, portant leur nombre à 18.300, ce qui représente 22.000 personnes en raison des nombreux temps partiels.

Nombre de parents vont vivre une nouvelle rentrée décevante, comme ceux de Rosalie Leprêtre, 6 ans, dans le Loir-et-Cher.

Handicapée psycho-moteur, la petite fille qui entre en dernière année de maternelle, s'est vu accorder une auxiliaire pour 3 demi-journées par semaine, une de moins que l'année dernière, alors que la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) a recommandé un temps complet.

"L'inspection d'académie nous a dit que nous n'avions pas à nous plaindre, car 30 enfants n'auront pas d'AVS sur le département", raconte son père Claude Leprêtre à l'AFP.

Chez les auxiliaires, le ton est à la grogne. Organisés depuis un an au sein de l'Unaïsse, ils protestent contre leur statut précaire, qui conduit à un "turnover" important, "néfaste" pour les enfants.

"Pour remplir notre rôle, apaiser l'enfant quand il est inquiet, reformuler les consignes, nous devons établir une relation de confiance sur la durée", explique Cécile Lambert, auxiliaire auprès de 4 enfants dans trois écoles de Mazamet (Tarn).

"Mon CAE (contrat d'accompagnement vers l'emploi, ndlr) s'arrête le 22 mars 2009, en pleine semaine. Je serai remplacée par un débutant que les enfants ne connaissent pas, et moi qui ai acquis de l'expérience, je suis obligée de partir", dit-elle.


L'Unaïsse plaide pour la création d'un "métier de l'accompagnement" des enfants handicapés, à l'école et dans les loisirs.

Les AVS sont en effet pour moitié assistants d'éducation dépendant de l'Education nationale, dont les contrats ne peuvent dépasser 6 ans, pour l'autre moitié emplois aidés (CAE ou contrat d'avenir), de deux ans maximum.

Plusieurs milliers de contrats, selon l'Unaïsse, arrivent à terme en 2009. Des organisations d'enseignants et des associations se sont inquiétés auprès du ministre de l'Education de l'avenir de ces personnels.

Un statut, disent aussi les auxiliaires de vie scolaire, leur offrirait une meilleure formation. Aujourd'hui, disent-ils, les 60 heures dispensées, le plus souvent après l'arrivée dans l'emploi, sont insuffisantes.

Publié le: 29/08/2008 à 14:50:39 GMT Source : AFP
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